Les Rapines d’Eryl – Prologue

V3

Prologue :

Un regard du haut du clocher. Une ville souffrante, une ville malade. La fumée des cheminées se mêle aux vapeurs d’humidité dans la pénombre du crépuscule. Un regard sur la colline. Plus la ville grimpe, moins la suffocation se fait sentir. Les rues s’élargissent les maisons s’illuminent. Un regard vers le sommet. Le haut de la colline, grand et plat. Calme, paisible, loin des gémissements des mendiants et de l’odeur de la misère. C’est là qu’Eryl se rend. A l’ouest du plateau, se trouve la maison d’un riche marchand de tapisseries. Dans cette maison se trouve un coffre qu’Eryl doit soulager de son contenu, pour ensuite redescendre dans l’horreur des bas-fonds et remettre le fruit de sa collecte à son commanditaire. Celui-ci le paiera, et Eryl pourra regagner sa cachette, dormir pendant la douceur du jour, et repartir une nuit prochaine, subtiliser un autre butin.

Le jeune garçon s’élance sur les toits délabrés, silencieux et rapide comme une ombre, il parcourt le ciel de la ville avec aisance et habitude. Les pouilleux n’ayant nulle part où s’abriter déambulent dans les rues qu’il survole. Ils ne lèvent jamais la tête, à quoi cela servirait ? Cette ville ne laisse pas la place aux rêves, quiconque ne vit pas dans le présent sera dévoré par cette cruelle créature qu’est la colline sombre.

Les toits deviennent de moins en moins abîmés, les tuiles cassées et les trous disparaissent. Eryl entre dans sa zone de chasse : le quartier riche. Il ralentit l’allure, ici, les gardes patrouillent, il doit faire plus attention. Sautant de toit en toit au-dessus des rues les plus étroites, il progresse de plus en plus lentement à mesure que les rues s’élargissent.

Il atteint finalement son objectif, il arrête sa progression et fait le tour du bâtiment : il doit trouver la faille la plus facilement exploitable. Il prend son temps, la nuit est longue, le temps n’est pas un obstacle. L’entrée est au Nord, pas de porte arrière. Un seul étage au-dessus du rez-de-chaussée, deux fenêtres sur la face Sud, deux sur la face Nord, aucune sur les Faces Est et Ouest. Il décide de passer par une des fenêtres au Sud : L’une d’elle est entrouverte. Tout est éteint, les occupants dorment : un avantage conséquent.

Avec rapidité et agilité, Eryl atteint la fenêtre, jette un œil à travers l’ouverture, s’assure qu’il n’y a aucune menace et pénètre dans la maison. Un couloir sombre, deux portes et un tournant au bout. Deux fenêtres, deux chandeliers, éteints. Quelques tableaux, une dague d’argent accrochée au mur. Eryl progresse, il soulage le mur de l’arme de décoration au passage, arrive au tournant : un escalier descend, il l’emprunte.

Un salon, quatre portes. Une au nord : l’entrée probablement. Une sous l’escalier : un local de rangement de toute évidence. Deux portes restantes : toutes deux sur le mur Est. Elles sont identiques : aucun indice. Eryl prend celle de gauche, débouche dans un petit couloir, au bout : une porte. Dessus, un écriteau : cuisine. Eryl rebrousse chemin, prend la deuxième porte : elle est verrouillée. Il sort son matériel de crochetage, un couteau long et fin et un crochet de métal. Il s’attelle à l’ouverture de la porte. La serrure n’est pas très sophistiquée, très vite, la porte tourne lentement sur ses gonds huilés : pas de grincement. Eryl pénètre dans les ténèbres de la pièce, pas de fenêtre, aucune lumière. Il sort sa lampe à luciole, petite, discrète et pas trop intense : pratique. La pièce est un local de travail, des tapisseries sont empilées un peu partout, des étagères sur tous les murs, un bureau au centre et une table dans un coin. Eryl s’en approche. Des papiers, de quoi écrire et une bougie. Eryl examine le mur au dessus de la table. Il est en briques grossières, c’est le seul de la pièce : les autres sont en pierre polie et blanchies à la chaux. Il y a des traces de frottement autour d’une brique, Eryl la saisit, elle coulisse hors du mur. Derrière : un coffre, celui-ci disparaît dans son sac. Eryl remet la brique en place, sort de la pièce, remonte les escaliers et finalement, regagne l’extérieur par la même voie qu’il avait utilisée pour son entrée.

Le voilà dans la rue. Des bruits de pas : un garde probablement, Eryl doit partir. Il grimpe au mur le plus proche, le voilà redevenu ombre, filant à nouveau sur les toits.

Un contrat réussit : De quoi vivre pour quelques semaines.

– Gaétan Marras

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